Résolution, faire de la Nouvelle-Aquitaine un territoire d'entreprises engagées

Votre édition locale

Découvrez toute l’actualité autour de chez vous

Biotop traque la valeur cachée dans les poubelles des entreprises

Environnement
lundi 26 octobre 2026
Par Camille Lecestre

Créée il y a 17 ans, la structure rochelaise Biotop accompagne environ 200 entreprises dans la réduction et la valorisation de leurs déchets. Son fondateur, Alexandre Derive, défend une approche avant tout écologique mais n'oublie pas sa dimension économique.

« Les premières sources de financement sont dans vos poubelles. » Pour Alexandre Derive, fondateur de Biotop, les déchets des entreprises ne sont pas seulement une contrainte environnementale ou réglementaire. Ils peuvent aussi représenter une ressource économique, à condition d’identifier les matières valorisables et de leur trouver un débouché. Créée il y a 17 ans avec le club d’entreprises de Périgny, la structure rochelaise accompagne aujourd’hui environ 200 entreprises sur les questions d’économie circulaire, de responsabilité sociétale des entreprises et d’écologie industrielle. Son équipe de cinq personnes intervient auprès de professionnels de toutes tailles, des petites entreprises aux grandes surfaces, pour identifier les déchets produits et proposer des solutions adaptées.

Biotop ne se limite pas à la collecte. La structure réalise des diagnostics plus ou moins approfondis pour repérer les possibilités de réduction, de réemploi ou de valorisation des déchets. Papier, polystyrène, cagettes, huiles alimentaires ou biodéchets : elle cherche des solutions pour une grande diversité de matières. « Notre spécificité, c’est d’apporter une solution pour tous les déchets et toutes les entreprises », explique Alexandre Derive. Concrètement, les entreprises trient leurs déchets en amont avant de les déposer chez Biotop, qui les oriente ensuite vers les filières adaptées. Certaines matières peuvent être revendues ou données à d’autres professionnels. L’objectif étant de créer des passerelles entre entreprises afin que ce qui constitue un déchet pour l’une puisse devenir une ressource pour une autre. La structure traite ainsi près de 1.000 tonnes de déchets par an, réparties sur environ 4.500 lignes de dépôt. Elle intervient sur près de 75% des flux de déchets différents identifiés dans son activité. Les apports peuvent commencer dès 1kg, ce qui lui permet de travailler sur des volumes variés.

Réduire les coûts pour convaincre les entreprises

Derrière cette démarche environnementale, l’enjeu est aussi financier. Le traitement des déchets représente un coût pour les entreprises, auquel peuvent s’ajouter des frais de collecte, de transport et des taxes, notamment la taxe générale sur les activités polluantes. « Une tonne de déchets, ça représente 300 euros de dépense », avance Alexandre Derive. Un montant qui varie selon la nature des déchets et les modalités de traitement, mais qui illustre, selon lui, le potentiel d’économies associé à une meilleure gestion des matières. Les motivations des entreprises diffèrent toutefois. Certaines sollicitent Biotop par conviction écologique, avec la volonté de faire évoluer leurs pratiques. D’autres cherchent d’abord à respecter leurs obligations réglementaires ou à maîtriser leurs dépenses. Le travail consiste alors à identifier les flux problématiques et à construire des solutions adaptées aux contraintes de chaque entreprise. La demande ne se traduit pas pour autant par une forte croissance de l’activité. « Ça fait trois ans que la progression est faible », constate le fondateur qui évoque un contexte économique tendu et des entreprises fragilisées. Biotop enregistre une légère progression, mais les nouveaux adhérents compensent en partie les départs.

Un modèle économique encore à consolider

L’activité de Biotop repose sur deux structures complémentaires : une association, qui réalise environ 300.000 euros de chiffre d’affaires, et une société, dont les prestations de services et les bilans carbone génèrent également quelque 300.000 euros. Des financements publics contribuent aussi à certains accompagnements. La Communauté d’agglomération de La Rochelle apporte notamment 30.000 euros, tandis qu’Aunis Atlantique participe à hauteur de 15.000 euros. Le fondateur estime qu’un soutien à l’amorçage reste nécessaire pour accélérer le développement de l’économie circulaire. Il évoque un besoin de 50.000 euros par an pendant deux ans pour accompagner cette phase. Biotop a notamment bénéficié de financements de l’agglomération et de l’Ademe à ses débuts. Car la valorisation d’une matière ne dépend pas uniquement de son potentiel de réemploi. Encore faut-il disposer de débouchés, de volumes suffisants et d’une logistique adaptée. Autant de conditions qui déterminent la viabilité économique des solutions proposées. Pour Alexandre Derive, l’enjeu est donc de convaincre les entreprises que leurs déchets méritent d’être considérés autrement que comme un poste de dépenses.

Biotop - La Rochelle
Nombre de salariés : 5
Chiffre d'affaires : 600.000 euros

Vidéos