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RSE. Résolution 2026 : ce que vous auriez pu entendre

Sociétal
jeudi 23 avril 2026
Par Gaëlle Richard

Cette année un nouvel espace, la Place de la démocratie, a pris place sur le salon Résolution. Crédits : MBC

Tout au long des débats de la journée, les journalistes de Placéco ont sélectionné des phrases, prises de position ou conseils des intervenants qui les ont marqués. En toute subjectivité.

Ce jeudi 23 avril, au Palais des Congrès de Bordeaux, se déroulait le salon Résolution, le salon des solutions RSE. Entre les neuf tables rondes, 70 intervenants et la centaine d'exposants, les 1.700 visiteurs ont pu chiner de l'information concrète sur différentes thématiques. Dans un tour d'horizon subjectif, les journalistes de Placéco ont relevé des phrases, concepts ou conseils qui les ont marqués, touchés ou interrogés.

« La voix des entreprises engagées est encore plus importante aujourd'hui »

Dans son intervention inaugurale, Francois Gemenne, économiste, politologue et président du Conseil scientifique de la Fondation pour la Nature et l'Homme a tiré la sonnette d'alarme : alors qu'un courant laisse penser que la RSE a du plomb dans l'aile, c'est justement le moment de renforcer la désirabilité du récit. Il a également insisté sur l'interconnexion des parties prenantes. « Il faut absolument prendre en compte combien les impacts des uns et des autres se renforcent et s'alimentent. Donc un impact qui peut nous paraître simple du point de vue du climat peut avoir un effet fort sur l'aspect social. Il faut prendre en compte la complexité du système et de nos actions, de nos leviers. » Cela peut sembler évident mais dans une période où les politiques RSE des entreprises manquent de visibilité auprès des salariés, ce rappel est nécessaire. Cette exhortation à travailler de manière coopérative entre les entreprises, élus, salariés, associations ou organismes est ressortie plusieurs fois sur les différentes tables-rondes. Cette récurrence démontre la maturité des organisations à travailler ensemble et celle des porteurs d'idées à œuvrer de conserve mais il semble encore manquer un levier de bascule . « La voix des entreprises engagées est encore plus importante aujourd'hui », a insisté le politologue. François Gemenne a également insisté sur l'aspect infini de l'adaptation des entreprises. « L'adaptation doit être une dynamique, a-t-il précisé, pas un état définitif car on devra toujours s'adapter. Et de manière systémique. La transition est, non pas à destination des générations futures, mais destinée à renforcer la compétitivité des entreprises. Le contexte international nous montre combien la souveraineté géopolitique des entreprises passe par l'adaptation. »
Gaëlle Richard, rédactrice en chef

« L'équivalent de 12 réacteurs nucléaires »

Voir s'envoler la chaleur fatale, tout sauf une fatalité. La chaleur fatale est celle qui apparaît systématiquement dans un processus, industriel ou technologique. Au cours de la table ronde « Décarbonation des entreprises, est-ce possible à moindre coût ? », Pierre Rasson a notamment donné quelques ordres de grandeur particulièrement frappants. Il a ainsi indiqué que le gisement annuel d'énergie fatale en France était de l'ordre de 110 TWh. Soit 110 millions de mégawattheures. « C'est l'équivalent de plus de 12 tranches de centrales nucléaires », a ainsi imagé le responsable commercial Industries chez Engie pour la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie. Pour comparer, 12 tranches, ça représente trois centrales nucléaires du Blayais. Ce qui donne une idée du gisement de la chaleur fatale.
David Morel, chef de service rédactionnel

« Il est interdit d'ouvrir ses fenêtres entre 12h et 15h »

Lorsqu’on parle de démocratie, les médias ont évidemment leur rôle à tenir. La question a été abordée durant 45 minutes hier entre Christophe Galichon, directeur général de Sud Ouest, Estelle Cognacq, directrice adjointe du numérique de France Info et Alexandre Laurent, directeur de la rédaction du média spécialisé Next.Ink. Face à l’intelligence artificielle et à des robots qui pillent automatiquement les contenus d’articles, ce dernier a illustré l’importance de l’œil journalistique humain, par un exemple qui m’a effarée. Plusieurs médias dont « certains ayant pignon sur rue », se sont mis à relayer, il y a quelques temps, une information ubuesque : « Il est interdit d’ouvrir ses fenêtres entre 12 heures à 15 heures. » Un travestissement de la réalité, puisque l’information originelle émanait de Météo France, et préconisait de garder ses fenêtres fermées sur cette plage horaire en forte période de pollen. « Comme ces sites générés par IA se plagient les uns les autres, cette information s’est mise à circuler et a été reprise par des dizaines de sites », raconte Alexandre Laurent. Qui affirme : « Il faut qu’il y ait un point d’ancrage, des acteurs vers qui se tourner car leur travail est fait avec l’honnêteté intellectuelle et la rigueur journalistique qui va bien. » De l’importance de tenir bon notre rôle de journalistes, face aux vents contraires qui chahutent notre société.
Marie Bardet-Crougnaud, journaliste

« La démocratie n'est jamais achevée, c'est toujours un travail »

Sur la Place de la démocratie se tenait une discussion sur « L'entreprise peut-elle devenir une démocratie ». Timothée Duverger, responsable de la chaire TerrESS à Sciences Po Bordeaux et chercheur au centre Emile Durkheim, a notamment déclaré « la démocratie est souvent déceptive ».  la démocratie est souvent déceptive ». Mauvaise nouvelle ? Non, il s'en explique : « La démocratie n'est jamais achevée, c'est toujours un travail en cours. » Manière d'illustrer cette nécessité du dialogue constant, qu'il soit citoyen ou dans l'entreprise.
David Morel, chef de service rédactionnel

Une nouvelle génération qui change les lignes

« Je vois chez les nouvelles générations, une envie d’avoir ces considérations écoresponsables et RSE. Cela fait partie, maintenant, des critères sur lesquels ils vont choisir les entreprises de demain. J’ai bon espoir que les jeunes poussent encore plus vers ça, demain. » Lorsqu’on l’interroge, la fondatrice de Doado, Hadia Ripoll, garde une « note positive ». Sur Résolution 2026, j’ai pu constater que le monde nouveau ne se dessine pas à la même vitesse pour toutes les entreprises. Alors si les générations suivantes s’emparent du sujet, l’espoir prend racine.
Isabelle Noblet, journaliste

« La théorie du chemin de chèvre »

Parfois une image inattendue vaut tous les grands discours. Au cours de la plénière d'ouverture de cette 4e édition de Résolution, consacrée à « Démocratie et entreprise ». Francis Stéphan a eu une métaphore surprenante et limpide. Notamment sur le partage du pouvoir, l'inspiration et la nécessaire communication au sein d'une structure. « Imaginez que vous construisez un site. Vous faites de beaux espaces de circulation, vous avez tout pensé. Et au bout de quelques semaines, en travers de la belle pelouse, vous voyez apparaître un chemin de chèvre, un petit trajet inattendu, qui apparaît car les gens ont estimé que c'était mieux de passer par là. » Il faut se demander pourquoi ce chemin voit le jour et qui l'a fait apparaître. Et écouter ces gens.
David Morel, chef de service rédactionnel

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